Retour sur l'exposition de Skins, Mart Visser et ART[s] Gallery
La collaboration
La collaboration est née grâce à Simone Jansen, fondatrice de ART[s] Gallery, une plateforme qui rend l'art contemporain plus accessible. Lorsque Mart Visser a fait part de sa fascination pour les parfums, elle l'a mis en contact avec Philip Hillege, cofondateur de Skins. "Je voulais trouver le meilleur partenaire dans le domaine des parfums", explique M. Jansen. "J'ai cherché à entrer en contact avec Skins, et à partir de là, tout s'est mis en place".
Ce qui a suivi n'était pas une traduction littérale du parfum, mais une réponse intuitive à celui-ci. Des textures de bois grossières, des matériaux superposés et des formes abstraites ont donné vie à l'humeur de chaque parfum. "Je regarde chaque parfum pour voir quelle est l'histoire et comment je la traduis dans la forme. S'agit-il d'un parfum élégant ou fragile ? Fin ou épais ?", explique M. Visser à propos de sa méthode de travail.
C'est précisément cette ouverture qui rend les œuvres intéressantes. Elles n'essaient pas d'expliquer les odeurs, mais montrent ce qu'elles peuvent évoquer. Certaines sculptures sont lourdes et architecturales, d'autres sont organiques et presque fragiles. Les matériaux s'ouvrent, les surfaces s'effilochent et les structures semblent en mouvement.
Le studio, partie intégrante de l'expérience
Le cadre de l'atelier a rendu l'exposition encore plus personnelle. Il ne s'agit pas d'une galerie traditionnelle, mais d'un lieu où les idées sont encore visiblement en mouvement et où les œuvres en cours d'élaboration sont aussi intéressantes que le résultat final lui-même.
Dans le studio, les visiteurs, qu'il s'agisse d'amateurs d'art ou d'un nombre restreint de membres de Skins Inclusive, ont eu la possibilité de se rapprocher du processus de création.
"Beaucoup d'artistes gardent leur studio fermé au monde extérieur", explique Philip. "Mart fait le contraire. Les visiteurs ont la possibilité de voir non seulement l'œuvre d'art, mais aussi le processus qui se cache derrière".
Dans le même temps, la collaboration a également porté sur l'accessibilité. Il ne s'agit pas de mettre l'art à distance, mais de le rapprocher. "Que l'on soit collectionneur ou curieux, il s'agit d'être touché", explique M. Jansen.
Selon Simone, c'est précisément là que réside la force du projet. "Il n'y a rien de plus émouvant que l'odeur. En associant l'odeur et l'art, on se rapproche de l'expérience de quelqu'un".
Ce sentiment est présent tout au long de l'exposition. Moins axée sur l'interprétation rapide, plus sur l'attention. Regarder, sentir et expérimenter. Une manière de vivre l'expérience où l'art et le parfum se fondent lentement l'un dans l'autre.